Les obligations - définitions, exemples et applications

Les obligations sont des titres de créance émis par des entités publiques ou privés pour emprunter de l'argent afin de financer leurs besoins en capitaux à moyen et long terme.

Description

Une obligation est un titre représentatif d’un emprunt fait par l’émetteur auprès des détenteurs des obligations. On dit aussi que l’émetteur a emprunté “sur le marché”, par opposition à un emprunt contracté auprès d’une banque.
On parle de marché puisque les obligations sont des titres de créance négociables, elles peuvent donc être achetées et vendues tout au long de leur vie. Le terme obligation est généralement réservé aux titres dont la durée de vie initiale est supérieure à 5 ans.
A côté des obligations, existent deux autres catégories de titres de créances qui se distinguent des premiers par leur durée de vie:

  • Les titres avec une maturité inférieure à deux ans (très souvent même inférieure à un an), dont font partie par exemple les bons du Trésor, billets de Trésorerie, certificats de dépôt.
  • Les titres avec une maturité comprise entre deux et cinq ans, regroupés sous le terme générique ‘bons’ et comprenant des titres aux caractéristiques très proches des obligations.

Les principales caractéristiques d'une obligation

L'émetteur

Les obligations peuvent être émises par des entreprises du secteur privé (exemple : LVMH), ou du secteur public (exemple : la SNCF), mais aussi et surtout par des collectivités publiques, qu’elles soient régionales (exemple : la région d’Ile-de-France) , nationales (les Trésor publics), voire supranationales (des organismes comme la BEI).

La taille de l’émission

La taille de l’émission, c'est-à-dire le volume émis, est un critère important pour l’investisseur. Plus l’émission sera importante en volume, plus les titres seront liquides, ce qui signifie qu’un détenteur peut les vendre, en cas de besoin, rapidement et sans devoir faire de concessions sur le prix de vente.

Le coupon

Le terme “coupon” est en fait un anachronisme, et date du temps où les obligations étaient encore émises sous forme de certificats papier, assortis d’une feuille de “coupons”. Afin d’obtenir le paiement du coupon, il fallait le découper aux ciseaux et le présenter, à la date de tombée, auprès de la banque qui l’échangeait alors contre sa valeur en argent.
Aujourd’hui, les obligations sont purement scripturales (on dit aussi : dématérialisées), le coupon représente donc simplement le taux d’intérêt nominal versé au détenteur du titre à chaque date de coupon, en contrepartie du prêt qu’il consent à l’émetteur.
Dans l’écrasante majorité des émissions obligataires les coupons sont fixes, c’est-à-dire que le détenteur reçoit un pourcentage identique, par exemple 3.25%, à chaque date de coupon.
Il existe cependant d’autres types d’obligations, dont on mentionnera notamment les obligations zéro-coupon et les obligation à taux flottant, qu’on va décrire plus en détail dans le chapitre sur la typologie des obligations.

La durée de vie initiale ou maturité

La maturité d’une obligation désigne la durée du prêt, au terme de laquelle le prêt sera, le plus souvent, remboursé dans son intégralité. On appelle cette forme, qui est de loin la plus fréquente, in fine.
Il existe quelques exceptions, où l’obligation est remboursable, tel un crédit, par amortissement régulier, ou encore sur décision de l’émetteur dans le cas des obligations comportant une option de call. Mais ces exceptions sont rares, puisque les investisseurs n’apprécient pas particulièrement ce type de titres et préfèrent très largement les titres ayant un remboursement in fine qui leur garantissent visibilité et régularité sur les flux à venir.

La devise

La devise est simplement la monnaie dans laquelle est émise l’obligation. En France c’est généralement l’euro, même si rien n’empêche un émetteur français d’aller émettre une obligation dans une autre devise. A noter également qu’existent, en 2009, toujours quelques rares obligations sont libellés en Francs français, même si la plupart avaient été redénominées en euro lors de l’introduction de la monnaie unique.

Le statut de séniorité

Les obligations classiques ont un statut de séniorité qui les place avant les propriétaires de capitaux en cas de liquidation de la société émettrice. Un détenteur d’obligations sera donc mieux servi, en cas de faillite, que par exemple un actionnaire.
Il existe cependant des obligations d’émetteurs du secteur privé qui, en échange d’un taux d’intérêt particulièrement attractif, possèdent un statut de séniorité inférieur au statut normal. On les appelle des titres subordonnés.

Le rating

Le rating d’une obligation est une note attribuée par une , appréciant la qualité de la signature de l’émetteur et informant ainsi l’investisseur sur le risque de défaut de l’emprunteur.
Si le rating n'est pas stricto sensu obligatoire, il est néanmoins indispensable pour un émetteur de faire noter son émission, puisque la grande majorité des investisseurs institutionnels ne mettra pas un titre non raté dans son portefeuille.

Typologie des obligations

En fonction de leur qualité

  • Investment grade
    Obligations d'une qualité qui est entre excellente et correcte. Le risque de défaut est minime. Ces titres correspondent aux ratings jusqu'à Baa3 (Moody's) / BBB- (Standard & Poor's).
  • High yield
    Obligations à qualité moyenne à faible. Le risque de défaut est réel. Correspondant aux ratings Ba1 (Moody's) / BB+ (Standard & Poors) et inférieurs.

En fonction du type de rémunération

  • Obligation à taux fixe
    Ce type d'obligations est de loin le plus répandu. L'obligation rémunère son détenteur avec un coupon fixe qui reste identique pendant toute la durée de vie du titre.
  • Obligation à taux variable
    Le coupon d'une obligation à taux variable est indexée sur un indice de taux, comme par exemple un Euribor ou un indice du type TEC10. Chaque coupon est calculé en fonction du niveau constaté de l'indice de référence.
  • Obligation zéro-coupon
    Une obligation zéro-coupon ne verse pas de coupon durant toute la durée de vie du titre. La rémunération du détenteur provient du fait que l'intégralité des intérêts que paie le titre sont décomptés lors de l'émission, le titre ne vaut alors qu'une fraction de son nominal. Le papier tend ensuite vers le pair tout au long de sa vie.
  • Obligation indexée sur l'inflation
    Les obligations indexées sur l'inflation possèdent généralement un coupon fixe, tels les obligations à taux fixe. Le taux de coupon est cependant généralement plus faible que celui d'une obligation à taux fixe comparable. En contrepartie, les flux générés par l'obligation (intérêts et principal) sont indexés sur l'inflation.

En fonction du type d'amortissement

  • Remboursables “in fine”
  • Remboursables par tranches
  • Remboursement anticipé optionnel
    • A l'initiative de l'émetteur: option de call
    • A l'initiative du détenteur: option de put

Techniques d'émission des obligations

  • Par syndication
    L'émetteur nomme un syndicat de banques qui s'occupe, sous la direction du chef de file, de créer et de placer l'émission auprès du public. la est la méthode prépondérante pour les émissions obligataires non-gouvernementales.
  • Par adjudication
    L'émetteur, généralement un gouvernement national, organise une pour l'émission d'une ligne de titres, où chaque participant soumet son offre.

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Informations complémentaires

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